mar. Sep 29th, 2020

AFRIQUE-TELEMA

LA PATRIE OU LA MORT NOUS VAINCRONS

PLAINTE DE LA CONVERGENCE AFRIQUE-TELEMA CONTRE LES PROPOS RACISTES SUR LCI

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À Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Paris
Tribunal de Paris
Parvis du Tribunal de Paris
75 859 PARIS CEDEX 17

 

Paris, le 06 avril 2020

 

Objet : Dépôt de plainte

 

Monsieur le procureur de la République,

Nous avons l’honneur de vous informer des faits suivants:

Le lundi le 1er avril 2020 vers 15h55 en direct sur la télévision LCI, le Professeur Locht, directeur de recherche à l’Inserm et le Professeur Mira, chef de service à l’hôpital Cochin, ont échangé sur l’antenne pour tomber tous les deux d’accord sur l’intérêt de prendre les Africains pour cobayes. Ainsi, le Professeur Mira a déclaré : «Si j’étais un peu provocateur, je dirais qu’on pourrait aller faire les tests en Afrique. Ils n’ont pas de masques, pas de traitement, pas de système de réanimation, on peut donc aller tester chez eux… C’est un peu comme quand on teste des vaccins contre le SIDA sur des prostituées car on sait qu’elles ne se protègent pas !« . Quelques instants plus tard, le Professeur Locht précise que des démarches sont en train d’être réalisées pour aller effectuer ces tests en Afrique.

Certes ces propos s’inscrivent dans une séquence bien plus longue où les médecins expliquent que des tests se pratiquent sur d’autres populations et apportent des arguments scientifiques à l’appui de leurs préconisations ou analyses, les Africains étant envisagés comme de potentiels « cobayes », au même titre que d’autres populations dites à risques dans le monde, dont les prostitués.…

Cependant la proposition faîte sur le ton de la « provocation » par un des panélistes prend une connotation raciste lorsqu’on peut le voir et l’entendre demander: « Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation ? Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le Sida. Chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et qu’elles ne se protègent pas». Le deuxième lui répond : « vous avez raison, on est d’ailleurs en train de réfléchir à une étude en parallèle en Afrique» en pointant spécifiquement les africains et les prostitués (soit-disant parce qu’ils ne porteraient pas les masques et ne respecteraient pas les règles de protection).

Si des médecins sont en effet bien mieux placés qu’à peu près tous les télespectateurs pour apprécier le bien-fondé des protocoles scientifiques, les propos tenus ici révèlent à l’endroit des corps noirs un mépris, fut-il inconscient et présenté sur un ton badin et gourmand sur le thème de la «provocation».  Car les arguments avancés pour faire des Africains des cobayes (absence de masque, absence de traitement…) pourraient être très largement avancés pour l’Europe en général et la France en particulier. Pourtant:

– les Africains sont la seule catégorie de personnes comparée aux prostituées ne se protégeant pas du Sida. La comparaison avec les prostituées est intéressante à deux titres. Elle est une comparaison dont on sait qu’elle est socialement péjorative et la comparaison avec le Sida est ici particulièrement malvenue car renvoyant à la hantise de la transmission que des catégories marginalisées (prostitué(e)s, personnes LGBT, etc…) faisaient peser sur le reste de la population.

– les Africains sont présentés comme l’une des seules deux catégories sur lesquelles les tests mériteraient d’être pratiqués, car ils ne se protègeraient pas (absence de masques…). Une situation qui n’est pas spécifique aux Africains.

Injure raciale

À l’évidence ces propos et considérations haineux stigmatisent les africains. Ils sont intolérables, particulièrement inacceptables en ce nouveau millénaire et doivent, de ce fait, être condamnés sévèrement.

C’est pourquoi nous saisissons le procureur de la République sur la base des infractions citées par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et notamment l’article 32 et 33 relatif à la discrimination raciale et à l’injure raciale; puis pour obtenir condamnation de leurs auteurs pour stigmatisation des africains en des termes méprisants.

Il n’y a par ailleurs aucune raison d’accabler ceux des Africains et non Africains qui s’en indignent, alors même qu’ils participent à la salutaire vigilance, en évitant précisément que plus aucune composante de l’espèce humaine ne soit considérée comme un objet spécifique d’expérimentation scientifique, y compris dans un traitement sous forme de vaccin appelé à protéger toutes les populations.

En conséquence, nous souhaitons porter plainte pour ces faits contre le professeur Camille Locht, directeur de recherche INSERM à l’Institut Pasteur de Lille; et le Professeur Jean-Paul Mira , chef de la réanimation à l’hôpital Cochin de Paris.

Nous vous remercions de considérer ce courrier comme un dépôt de plainte.

Dans l’attente des suites que vous donnerez à ce courrier, nous vous prions d’agréer, Monsieur le procureur de la République, l’expression de notre plus haute considération.

Pour La Convergence Africa Téléma des associations panafricaines

Dorot TRAORÉ, président de l’association KANE AFRIQUE

Marie-France DANDOU, présidente de L’association AMA’A AMAZONES D’AFRIQUE

Joel Didier Engo, président de L’association NOUS PAS BOUGER

Les associations :

KANE AFRIQUE

Site internethttp://www.kane-afrique.eu/

Adresse postale: 33 Avenue Philippe Auguste, 75011 Paris

E-mail contact@kane-afrique.eu

AMA’A AMAZONES D’AFRIQUE

Adresse postale: Chez Mme DRAME

22 rue de L’Amiral Roussin 75015 Paris

NOUS PAS BOUGER

association Loi de 1901 enregistrée le 18 novembre 2009

N – W751202408

Adresse postale: Maison des Associations du Onzième Boîte #143

8 rue du Général Renault

75011 Paris

E-mail contactafricatelema@gmail.com

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